Pinson des arbres

Fringilla coelebs


Pinson mâle
Ce fringille occupe 95% de la surface du territoire de PACA : en effet, on le retrouve partout où il y a des arbres.
De la taille d'un moineau, l'espèce a un dimorphisme sexuel marqué, c'est-à-dire que le mâle et la femelle n'ont pas la même apparence. Le mâle a la poitrine et les côtés de la tête couleur rouille, et une calotte gris-bleuté. La femelle, plus terne, est d'un gris verdâtre avec une nuance brune sur le dos. Les deux ont cependant deux barres blanches sur les ailes, ce que permet de les reconnaître de loin.

A la belle saison, il nourrit sa progéniture d'insectes et de larves en quantité. Dès que les insectes viennent à manquer, il revient sur son régime habituel de granivore. Peu farouche, quelques graines à la mangeoire le feront vite débarquer.

Pinson femelle
Sédentaire dans nos régions, on l'entend chanter dès la mi-février et construit son nid dans un arbre ou un arbuste dès la mi-mars, pour élever deux nichées successives.
En hiver, les individus se regroupent parfois en grand nombre pour survivre : on dit qu'ils sont grégaires.


Son chant est toujours le même, répété sans cesse en période de reproduction. C'est une strophe vive commençant par 3 ou 4 sons aigus rapidement répétés, suivis d'une série descendante, et finissant par 1 ou 2 notes enjouées.



Il s'est adapté à la fragmentation des milieux et à l'urbanisation. De par sa répartition et son abondance, le Pinson des arbres est une espèce stable et non menacée bien que, dans les années 1950, les populations ont subi une forte diminution, principalement à cause de l'usage de pesticides.

Le fauchage tardif

Qu'est-ce donc que cela?


C’est une technique de gestion différenciée qui change de la tonte systématique de l’herbe. Elle consiste à ne couper la végétation qu’une fois par an, en été. Les prairies, les bords de chemins et de routes, sont des lieux qui s'y prêtent particulièrement bien. 


Oui, mais pourquoi ? 


     Pour les plantes:

 Cette pratique permet aux plantes annuelles de finir leur cycle végétatif et de se reproduire. Ainsi, les plantes ont le temps de mener leurs graines à maturité et de se semer pour l’année suivante. Si l’on tond ou fauche trop fréquemment, on favorise l’implantation de plantes vivaces comme le chiendent, le chardon, etc., qui ont une croissance rapide et une multiplication végétative. Ces plantes résistantes empêchent alors le développement des espèces plus sensibles, comme les orchidées sauvages par exemple.

     Pour les animaux:
  Le fauchage trop fréquent détruit les niches écologiques de nombreux animaux, notamment les insectes mais aussi leurs prédateurs (lézards, oiseaux…) et empêche la floraison, ce qui mène à un manque de nourriture pour les insectes butineurs.

     Et encore des petits plus : 
La quantité de travail est bien plus légère avec le fauchage tardif, car de trois coupes dans l’année en moyenne, on réduit à une seule ! Et si vous pratiquez le débroussaillage mécanique, vous ferez des économies en carburant.

Comment on s'y prend?


Le plus respectueux pour l’environnement est bien sûr la faux, à l’ancienne, mais il faut avoir le coup de main ! Cet outil est pratique pour les grandes zones mais pour les endroits plus étriqués, la faucille ou la cisaille sera plus adaptée. Sinon, la débroussailleuse fait très bien l’affaire également.

Concernant la hauteur de coupe, il ne faut pas aller trop bas, et laisser 7 à 10 cm de végétation. De cette façon, on ne détruira pas la base des plantes, le sol ne sera pas mis à nu, et on évite l’érosion. En laissant une longueur, on évite aussi de découper la petite faune qui se cache dans les hautes herbes : insectes, reptiles, batraciens, rongeurs…

Selon la gestion choisie, on pourra décider de laisser les restes de coupes sur place ou de les récupérer. Laisser les restes favorisera une végétation qui préfère les sols plus riches, et ramasser au contraire favorisera les plantes poussant sur les sols pauvres.

Les restes de coupe pourront aussi servir de fourrage pour les animaux, de paillage au potager, ou encore de matière azotée pour le compost.


Et quand ?


L’unique fauche de l’année se fait au plus tôt à la mi-juin, et peut se faire à la fin de l’été dans les régions montagnardes. En général, faucher à la mi-juillet permet à la plupart des plantes de finir leur cycle.



En résumé, le fauchage tardif favorise la biodiversité végétale et animale et permet de faire des économies, tout en ayant le plaisir de contempler une belle prairie fleurie.


Un petit aperçu de la zone de fauchage tardif sur notre terrain


Mésange bleue

Cyanistes caeruleus


Petit passereau à calotte et ailes bleues, cette mésange au ventre jaune et à la face blanche est un de nos oiseaux les plus communs. On la rencontre en général dans les bois de toute l’Europe, mais elle se rapproche volontiers de l’Homme et peut venir dans les parcs et aux mangeoires, bien qu’elle soit plus farouche que sa cousine la Mésange charbonnière.


Son régime s’adapte aux saisons : elle peut se nourrir d’insectes et d’araignées, de fruits et de graines, et même de sève. C’est un bon auxiliaire au jardin surtout au printemps, car les jeunes ayant besoin de grandir vite, les parents les nourrissent de larves d’insectes et de chenilles.




Elle est acrobatique et s’accroche souvent la tête à l’envers pour chercher à manger. Les mâles chantent dès les premières belles journées de janvier, et les nids sont construits dès la mi-mars. Les œufs éclosent dans la première moitié d’avril. Les adultes étant très fidèles à leur lieu de reproduction, si vous avez un nichoir occupé par des Mésanges bleues chez vous, il sera très certainement occupé l’année suivante !


Les mâles comme les femelles peuvent chanter pour marquer leur territoire, d’un long trille cristallin grave précédé de deux sons courts et aigus.


Depuis la fin des années 80, l’espèce est en lente mais constante progression à l’échelle nationale.

Chauves-souris

La nuit tombe à peine, assise sur ma terrasse, je commence à voir et entendre des petites bêtes sombres filant à toute allure juste au-dessus de moi. Elles tournent, tournent, en quête de nourriture.

Ces petits animaux sont, bien sûr, des chauves-souris. Ces mammifères ont su détacher leurs pieds du sol pour s'accrocher au ciel avec leurs mains, d'où leur nom Chiroptères = ailes sur les mains. Malgré leur mauvaise réputation, ils sont inoffensifs pour l'homme, très utiles par la prédation d'insectes, et magnifiques à observer.

On compte 30 espèces en PACA, et la plus répandue est la pipistrelle commune, petite chauve-souris que l’on retrouve souvent près des maisons l’été. Les espèces que l’on trouve chez nous sont de taille variable, entre 20 et 50 cm d’envergure, et pèsent entre 4 et 60 g. Elles vivent en moyenne 5 ans.

Contrairement aux idées reçues, elles ne s'accrochent pas dans les cheveux et n’attaquent pas les gens. Aussi, elles voient très bien mais leur mode de vie nocturne leur a sélectionné un outil pour se repérer dans la nuit: le sonar.

Elle mange principalement des insectes, qu'elle chasse la nuit. Le jour, elles se rassemblent dans des dortoirs, ou gîtes ; ce sont des endroits calmes et sombres. Lors de la chasse, un seul individu peut manger l’équivalent de 3000 moustiques en une nuit ! Elles ont donc un rôle essentiel dans la régulation des populations des insectes.


Cycle annuel d'une chauve-souris

L’hiver, faute de nourriture, elles se réfugient dans des grottes fraîches et humides, ou des arbres creux pour hiberner. Leur température passe de 40°C à 6°C, et leur cœur descend à 4 battements/minute contre 1100 battements/minute en vol ! En hibernation, elles pourront passer 4 à 6 mois sans manger, mais sont très sensibles au dérangement, un réveil leur faisant consommer l’équivalent de 57 jours de réserves de graisse.

Au printemps, elles s’empressent de refaire leurs réserves, puis vont se diriger vers leurs gîtes d’été en colonie pour la mise bas.
En été donc, fin juin, chaque femelle met bas un seul petit. Elles vont chasser la nuit pour nourrir leur progéniture par allaitement. A un mois, les jeunes commencent à voler vers leur autonomie. Les colonies se regroupent dans des endroits chauds, comme au grenier.
En automne, ont lieu les accouplements, mais la fécondation ne se fait qu’au printemps ! En effet, la femelle garde le sperme tout l’hiver, et elle ovulera au printemps. L’intérêt de ce processus est la conservation d’énergie : il n’y en a pas besoin pour conserver la semence, contrairement à l’embryon. Enfin, au printemps les femelles peuvent se consacrer à la chasse plutôt qu’aux accouplements.

  

    

Menaces

La principale cause de disparition sont les pesticides issus de l’agriculture intensive, qui les prive de leur ressource alimentaire, ou les empoisonne. Si bien que les populations de chauves-souris se sont effondrées depuis l’utilisation des pesticides.

La destruction et la fragmentation de leurs habitats leur donne des difficultés à se déplacer et à se nourrir, voire à former des colonies.



Un habitat favorable aux chauves-souris : des prairies riches en insectes
séparées par des corridors écologiques formés par les haies.

    Que faire pour les aider?

  • Laissez une zone de votre terrain sauvage, les chiroptères viendront y chasser les insectes la nuit. Bien sûr, n’utilisez pas de pesticides dans votre jardin.
  • Plantez une haie, de préférence d'espèces indigènes, qui abritera les chauves-souris en journée et leurs proies.
  • Laissez les vieux arbres crevassés dans lesquels les chiroptères pourront s'abriter.
  • Pratiquez le fauchage tardif
  • Créez une mare
  • ...
La recréation d’habitats pour les chauves-souris, comme l’entretien des haies, vergers ou mares profite aussi à d’autres espèces animales qui vivent dans les mêmes types de milieux. On dit alors que les chauves-souris sont des espèces parapluie. En bref, il convient de favoriser une multitude d'habitats différents pour accueillir de nombreux insectes dont raffolent les chauves-souris.

Vous pouvez aussi installer un nichoir pour leur offrir un abri. Vous trouverez de nombreux tutoriels sur internet si vous voulez le fabriquer vous-même. Il est également possible d'en acheter déjà faits, sur le site de la LPO par exemple.



Une vidéo intéressante pour fabriquer son gîte: https://www.youtube.com/watch?v=Whe_DVx8Mpo
Et une autre très détaillée : https://www.youtube.com/watch?v=H9DiNYdGRcw


Rougegorge familier

Erithacus rubecula


Facilement reconnaissable à sa poitrine orange, le rougegorge se rencontre dans tous les types de boisements en Europe. Il a su s’adapter à la plupart des habitats, jusqu’aux parcs et jardins en ville. Il se nourrit d’insectes, de gastéropodes et de vers.

Ce joli petit passereau, comme son nom l’indique, est curieux et n’hésite pas à s’approcher de l’Homme. Il est solitaire, à part brièvement en période de reproduction, et très territorial. Il n’hésitera pas à chasser d’autres oiseaux plus gros s’ils s’approchent de son territoire.





Son chant que l’on entend surtout au printemps est doux et mélancolique. Lors de belles journées, on peut l’entendre à tout moment de l’année.



Bien que non menacés, leur capture est interdite. Malgré tout, on condamne encore régulièrement des braconniers, qui considèrent le rougegorge comme un mets savoureux.

Hérissons

Le hérisson est un auxiliaire très utile au jardinier, puisqu'il aide à préserver l'équilibre des populations au jardin en ingérant beaucoup d'insectes et de gastéropodes. Mais de nos jours, il se fait de plus en plus rare.

Les hérissons sont des animaux solitaires, nocturnes, et omnivores. Cependant, ils se nourrissent principalement d’invertébrés et peuvent donc ingérer une forte dose de pesticides. En effet, les insectes sont les premiers touchés par les pesticides, car ils consomment les plantations. Le principe de bioaccumulation fait qu'un prédateur comme le hérisson, qui va manger une grande quantité de proies contaminées aux pesticides, va accumuler dans son organisme des contaminants plus vite qu'il ne peut l'éliminer, pouvant mener à la mort. Cela expliquerait, en partie, la chute des populations de hérissons de ces dernières années.

Les hérissons aiment les tas de feuilles et d’herbes abrités du soleil, de la pluie et du vent par des haies, des ronces, un tas de bois, etc. Malheureusement, avec l’urbanisation croissante et la densification de la circulation automobile, il existe de moins en moins de zones sauvages pour les accueillir et celles-ci sont de plus en plus fragmentées, mettant à mal le déplacement des individus.

Pour soutenir les populations de hérissons il faudrait donc assurer un maillage écologique (l’interconnexion des milieux naturels) suffisant pour qu’ils puissent se déplacer, et recréer des lieux d’accueil, en replantant des haies, en bannissant l’usage des pesticides, en laissant des tas de bois abandonnés dans son jardin, etc.

A la fin de l’automne, les hérissons cherchent un petit coin douillet pour hiberner, comme un tas de branches et de feuilles. L’idéal est de conserver des amas de ce genre dans son jardin, et de les laisser tranquille. Bien que les hérissons puissent se réveiller et sortir de leur cachette l’hiver, il faut éviter à tout prix de les déranger, chaque réveil épuisant leurs réserves de graisses. Ils se réveillent pour de bon aux alentours du mois d’avril.


Enfin, si vous devez manipuler un hérisson, parce qu'il est blessé par exemple, portez toujours des gants. L'espèce peut transmettre la salmonelle aux humains. Dans tous les cas, s'il n'est pas en danger, éviter de les déranger, le hérisson est un animal sauvage. 

Construire un abri


Choisissez un emplacement protégé du soleil direct, des pluies et du vent. Si vous avez une haie, un tas de bois ou de feuilles où vous ne passez pas fréquemment, c’est l’idéal. 
Amassez des feuilles et des branches, vous pouvez creusez un peu le sol mais ça n’est pas obligatoire. Faites des murs autour de votre tas avec des pierres, des rondins, des parpaings, ce que vous avez. Ensuite protégez le tout avec une planche. Inclinez le toit pour que l’eau ne stagne pas dessus. Vous pouvez le couvrir de pierres, de rondins, d’une bâche, l’essentiel est que l’eau n’inonde pas l’abri et que la planche reste en place.

Pour ce qui est des dimensions, le corps de l’abri doit faire environ 60 cm sur 40 cm de large, avec une ouverture de 12 cm pour permettre aux hérissons d’entrer. L’abri doit faire au moins 20 cm de hauteur.